Île de Jeju
Île volcanique du sud, dominée par le Hallasan à 1 950 mètres et ceinturée par le sentier Olle. Climat doux, plongeuses haenyeo et trois sites UNESCO à parcourir en voiture sur 3 à 5 jours.
Jeju se trouve à 85 kilomètres au sud de la péninsule, séparée du continent par le détroit de Jeju. Depuis Séoul-Gimpo, le vol dure 1h05 et constitue la liaison aérienne la plus fréquentée au monde, avec un départ toutes les 10 minutes en haute saison. L'île fait 73 kilomètres d'est en ouest et 41 du nord au sud, dominée par le Hallasan, volcan bouclier qui culmine à 1 950 mètres au centre. Cette géologie volcanique structure tout : sols basaltiques noirs, tubes de lave souterrains, cônes secondaires appelés oreum (il y en a plus de 360 disséminés sur l'île), et un littoral découpé en falaises de colonnes hexagonales comme à Jusangjeolli.
Le climat sépare Jeju du reste du pays. Quand Séoul descend à -10°C en janvier, Jeju se maintient autour de 6°C et les mandariniers continuent à produire. En août, les températures montent à 27°C avec une humidité forte. Cette douceur explique l'économie agricole de l'île : mandarines hallabong et cheonhyehyang, thé vert de Seogwipo, omija, et une cuisine de la mer marquée par l'ormeau (jeonbok), le maquereau noir (galchi grillé entier) et le porc noir de Jeju, race endémique élevée en plein air.
La culture haenyeo donne à Jeju son visage humain le plus singulier. Ces plongeuses en apnée, aujourd'hui pour la plupart âgées de 60 à 80 ans, descendent à 10 mètres sans bouteille pour ramasser ormeaux, oursins et algues. Inscrites au patrimoine immatériel de l'UNESCO en 2016, elles travaillent encore depuis les villages de Hado-ri, Gwideok et Bukchon. Le musée haenyeo de Hado et les démonstrations matinales à Seongsan permettent de les observer sans folklore touristique.
L'île se parcourt par le Jeju Olle, sentier de 437 kilomètres découpé en 27 tronçons numérotés qui suivent la côte et quelques portions intérieures. Chaque tronçon fait entre 10 et 20 kilomètres et se boucle à la journée. Les n°6 (Soesokkak vers Seogwipo), n°7 (côte sud avec falaises) et n°10 (plage de Hwasun et Sanbangsan) figurent parmi les plus marchés. À l'intérieur, le Hallasan se gravit par les sentiers Seongpanak (9,6 km, 4h30 de montée) ou Gwaneumsa (8,7 km, plus exigeant), avec quota journalier de randonneurs en saison.
Le patrimoine UNESCO de Jeju comprend trois sites géologiques classés en 2007 : le tube de lave de Manjanggul long de 7,4 km dont 1 km se visite, le pic Seongsan Ilchulbong qui émerge de la mer à l'est de l'île (cratère formé par une éruption sous-marine il y a 5 000 ans), et le Hallasan lui-même. Côté culturel, le village folklorique de Seongeup conserve les maisons traditionnelles en pierre de lave coiffées de chaume, et les dolmens de Gwakji rappellent un peuplement néolithique.
Notre équipe à Séoul organise les séjours à Jeju en location de voiture, les transports publics restant limités hors de Jeju-si et Seogwipo. Trois à quatre jours suffisent pour faire le tour de l'île par la route côtière (181 km) en s'arrêtant sur les sites majeurs ; cinq jours permettent d'ajouter une ascension du Hallasan et deux ou trois sections du sentier Olle.
À découvrir
Ascension du Hallasan par Seongpanak. 9,6 km de montée à travers forêts de cèdres de Corée et landes d'altitude jusqu'au cratère Baengnokdam à 1 950 mètres. Comptez 4h30 de montée et 3h30 de descente, départ obligatoire avant 12h30.
Lever du soleil au Seongsan Ilchulbong. Cône volcanique de tuf émergeant de la mer à la pointe est de l'île. Montée de 25 minutes par escaliers jusqu'à la lèvre du cratère, idéale entre 5h30 et 6h30 selon la saison.
Plongeuses haenyeo de Hado-ri. Démonstration de plongée en apnée par les femmes du village, suivie d'un repas d'ormeau et d'oursin frais préparé par la coopérative. Saison d'activité d'octobre à mai.
Tube de lave de Manjanggul. Un kilomètre de galerie souterraine formée il y a 300 000 ans, plafond à 7 mètres et colonne de lave de 7,6 mètres au fond. Température constante de 11°C, prévoir une veste.
Sentier Olle n°7 côte sud. 17 kilomètres entre Oedolgae et Wolpyeong le long des falaises basaltiques, avec passage par le rocher solitaire d'Oedolgae et les criques de Beophwan. Compter 5 à 6 heures de marche.
Quand y aller
La fenêtre la plus favorable s'étend d'avril à juin et de septembre à début novembre. Le printemps amène les colzas en fleurs sur les coteaux de Sanbangsan (mi-mars à mi-avril) et les cerisiers le long de la route 1132, avec des températures de 12 à 20°C. L'automne, surtout octobre, offre un ciel stable, des températures autour de 18°C et la récolte des mandarines dans les vergers de Seogwipo. Ces deux saisons conviennent à la randonnée du Hallasan et au sentier Olle.
Juillet et août cumulent trois contraintes : la saison des pluies (changma) jusqu'à mi-juillet avec 250 à 300 mm de précipitations, des typhons fréquents en août et septembre qui peuvent clouer les vols pendant 24 à 48 heures, et l'affluence des vacances scolaires coréennes. L'hiver reste praticable, avec 6 à 8°C en janvier au niveau de la mer, mais le sommet du Hallasan peut être fermé pour cause de neige et de verglas. Notez que les températures chutent vite avec l'altitude : prévoyez -5°C à 1 950 mètres quand il fait 8°C à Jeju-si.
Conseils pratiques
Nous recommandons 3 jours minimum, 4 ou 5 idéalement. L'entrée se fait par l'aéroport international de Jeju, desservi depuis Séoul-Gimpo (1h05), Busan (55 min) et plusieurs villes d'Asie. La location de voiture est quasi indispensable : les bus 201 et 202 font le tour de l'île mais avec des fréquences faibles et des arrêts éloignés des sites. Le permis international est obligatoire et doit être présenté lors de la prise en charge.
Jeju se combine naturellement en fin de circuit, après Séoul et le sud continental. L'enchaînement le plus cohérent que nous proposons : Séoul (3-4 jours), Gyeongsang et Busan (3 jours) avec vol Busan-Jeju, puis Jeju (3-4 jours) et retour direct sur Séoul. L'île convient aux randonneurs pour le Hallasan et l'Olle, aux familles pour ses plages (Hyeopjae, Gimnyeong) et ses musées thématiques, ainsi qu'aux voyageurs contemplatifs qui apprécieront la conduite lente sur les routes secondaires entre champs de basalte et murets de pierre sèche. Le niveau de confort hôtelier est élevé, des pensions traditionnelles minbak aux resorts de la côte sud autour de Jungmun.


