
Le temple Magoksa
Le temple Magoksa
Centre de l'ordre bouddhiste Jogye à Gongju, le temple Magoksa, classé UNESCO depuis 2018, déploie ses salles et trésors sur les flancs du Taehwasan.
Le temple Magoksa est le centre névralgique de l'ordre bouddhiste coréen Jogye, à Gongju. Adossé au versant est du mont Taehwasan, il fait partie depuis 2018 du site UNESCO « Sansa, monastères bouddhistes de montagne en Corée » et adhère au programme Templestay, qui permet de séjourner sur place pour partager le quotidien des moines.
Pourquoi visiter Magoksa
- Sixième temple le plus important de l'ordre Jogye et étape majeure du bouddhisme coréen.
- Inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2018 au sein des monastères bouddhistes de montagne.
- Plusieurs trésors nationaux : Daeungbojeon (n° 801), Daegwangbojeon (n° 802), Yeongsanjeon (n° 800), peinture Sakyamuni Gwebultang (n° 1260).
- Programme Templestay pour une immersion d'une à deux nuits dans la vie monastique.
- Cadre de montagne traversé par un ruisseau, propice à une visite contemplative.
Histoire du temple Magoksa
Magoksa a été fondé en 640 par le maître Vinaya Jajang Yulsa, sur un terrain offert par la reine Seondeok du royaume de Silla. Ce même maître est à l'origine du temple Tongdosa, à Yangsan. Lors de la transition turbulente entre les dynasties Goryeo et Joseon, le site fut abandonné par les moines et servit de cachette à des bandes de voleurs pendant près de deux siècles. En 1172, le moine Ven Jinul mit fin à cette occupation et entreprit la rénovation du temple avec son disciple Ven Su-u.
Le roi Sejo (qui régna au XVe siècle) visita le temple : on lui doit l'inscription portée sur la plaque de la salle Yeongsanjeon, et il y laissa son palanquin, encore conservé. À la fin du XVIe siècle, lors des invasions japonaises (1592-1597), les salles Daeungjeon, Yeongsanjeon et Daejeok-gwangjeon furent incendiées. La reconstruction n'eut lieu qu'en 1651.
Au tournant du XXe siècle, sous l'Empire coréen (1897-1910), le patriote Baekbeom (Kim Gu) trouva refuge à Magoksa après son évasion de la prison d'Incheon. Il y mena temporairement une vie monastique sous le nom de Dharma Wonjong. Il avait été incarcéré pour avoir tué un officier japonais ayant participé à l'assassinat de la reine Myeongseong, épouse du roi Kojong. Le bâtiment Baekbeomdang rappelle aujourd'hui ce passage.
Que voir sur le site
Le temple est traversé par un ruisseau qui le divise en deux zones distinctes. La partie nord, première à avoir été aménagée, est limitée par le relief montagneux ; le développement s'est ensuite poursuivi vers le sud.
La zone sud
On y trouve la salle Yeongsanjeon (trésor n° 800), aussi appelée Cheonbuljeon, principale salle du Dharma de cette partie. Elle abrite 1 000 statues de bouddhas, dont sept de grande taille. Face à elle se dresse le pavillon Heungseongnu, dépourvu de mur, flanqué des salles de méditation Maehwadang et Suseonsa, dont l'accès est interdit aux visiteurs pour préserver la pratique des moines.
La salle Myeongbujeon, ouverte au public, est dédiée à la prière pour les défunts : « Myeongbu » désigne le monde où les morts sont jugés par le Roi des Enfers. À droite, un sentier mène au sanctuaire Sanshingak, qui abrite une peinture représentant un vieux dieu et une déesse de la montagne accompagnés de deux tigres. En poursuivant l'ascension une dizaine de minutes, on atteint le pic Gunwangdae, lieu réputé propice à la naissance d'un roi.
La zone nord
On y accède en franchissant la porte Haetalmun puis la porte Sacheonwangmun, avant d'arriver au pont Geungnakgyo, depuis lequel se laisse apercevoir le pavillon Beomjongnu. Au-delà se dressent un stupa de pierre à cinq étages, d'architecture bouddhisme Rama héritée de la dynastie Yuan, surmonté d'un stupa en bronze doré nommé Keumdongbotap, ainsi que les deux salles principales : Daegwangbojeon (trésor n° 802) et Daeungbojeon (trésor n° 801).
Le musée du temple expose le Sakyamuni Gwebultang, peinture du Bouddha classée trésor n° 1260. Le bâtiment Baekbeomdang, refuge du patriote Baekbeom, complète la visite. Le restaurant Hoowon est installé en sous-sol, entre l'hébergement principal et la salle Gwaneumjeon.
Infos pratiques
- Horaires : ouverture en journée, généralement du matin jusqu'en fin d'après-midi. Vérifiez les horaires en vigueur avant votre venue.
- Tarif : entrée à prix modique, avec un tarif réduit pour adolescents et enfants.
- Durée de visite : comptez 1h30 à 2h30 pour parcourir l'ensemble des salles et atteindre le pic Gunwangdae.
- Templestay : programme de séjour monastique d'une à deux nuits, sur réservation préalable.
- Tenue : vêtements couvrants et chaussures confortables (sentiers en pierre, dénivelé léger).
Quand y aller
Magoksa se visite toute l'année, mais l'environnement de montagne en transforme l'atmosphère selon les saisons :
- Printemps (avril-mai) : floraison des cerisiers et des magnolias autour du ruisseau, températures douces.
- Été (juin-août) : végétation dense et fraîcheur du sous-bois, mais saison des pluies (juillet) à anticiper.
- Automne (octobre-début novembre) : période la plus prisée pour les couleurs des érables sur le Taehwasan.
- Hiver : fréquentation faible, ambiance recueillie ; prévoir des vêtements chauds.
Comment s'y rendre
Le temple est accessible en bus depuis le terminal de bus de Gongju. Prenez la ligne 7 jusqu'à son terminus, situé à proximité de l'entrée du site. Depuis Séoul, comptez environ 1h30 à 2h en bus express jusqu'à Gongju, puis la correspondance locale.
À proximité
Pour prolonger la découverte du bouddhisme coréen et du patrimoine régional :
- Temple Haeinsa, autre grand monastère de montagne, gardien des Tripitaka Koreana.
- Le temple de Bongeunsa, à Séoul, pour comparer la vie monastique en milieu urbain.
- Le village hanok de Bukchon, à Séoul, pour l'architecture traditionnelle.
- L'observatoire Cheomseongdae, à Gyeongju, témoin du royaume de Silla qui vit naître Magoksa.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Oui. Magoksa a été inscrit au patrimoine mondial en 2018, au sein du site « Sansa, monastères bouddhistes de montagne en Corée », qui regroupe sept temples encore en activité.
Oui, le temple participe au programme Templestay. Il est possible de réserver un séjour d'une ou deux nuits incluant méditation, repas monastiques et participation aux cérémonies.
Comptez environ 1h30 à 2h30 pour parcourir les zones nord et sud, visiter le musée et monter jusqu'au pic Gunwangdae.
L'automne, autour de la deuxième quinzaine d'octobre, pour le rougeoiement des érables. Le printemps est également apprécié pour la floraison.
Depuis le terminal de bus de Gongju, la ligne 7 dessert directement le temple ; il faut descendre au terminus.
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