Gyeongsang et Busan
Le sud-est coréen articule Gyeongju, capitale millénaire du royaume de Silla, les villages confucéens d'Andong et l'énergie portuaire de Busan, deuxième ville du pays.
Le sud-est de la péninsule, que les Coréens appellent Gyeongsang, couvre deux provinces (Gyeongsangbuk-do au nord, Gyeongsangnam-do au sud) et la métropole portuaire de Busan, 3,4 millions d'habitants. C'est une région de basses montagnes boisées, de vallées rizicoles et d'un littoral très découpé qui s'ouvre sur la mer du Japon (que les Coréens nomment mer de l'Est) et sur le détroit de Corée. Depuis Séoul, le KTX rejoint Busan en 2h15 et Gyeongju en 2h, ce qui en fait la combinaison la plus simple pour quitter la capitale sans perdre une journée en transport.
Gyeongju, à l'intérieur des terres, fut la capitale du royaume de Silla pendant près de mille ans, du Ier au Xe siècle. La ville actuelle, modeste (260 000 habitants), conserve un tissu urbain bas et des tumulus royaux en plein centre, dans le parc de Tumuli. Le temple Bulguksa et la grotte Seokguram, classés à l'UNESCO, datent du VIIIe siècle et témoignent du bouddhisme Silla. Une journée pleine permet de couvrir le centre historique à vélo, une seconde est utile pour Bulguksa, Seokguram et l'observatoire Cheomseongdae au lever du jour, quand les cars de touristes domestiques ne sont pas encore arrivés.
Plus au nord, autour d'Andong, on entre dans la Corée confucéenne. Le village de Hahoe, inscrit lui aussi à l'UNESCO, est un village clanique des Ryu encore habité, avec ses maisons à toits de chaume ou de tuiles disposées dans une boucle de la rivière Nakdong. Andong est aussi connue pour ses masques en bois (tal) et son jjimdak, plat de poulet braisé aux nouilles transparentes et sauce soja. Si le voyage le permet, l'académie Dosseowon, école néo-confucéenne du XVIe siècle, complète bien la visite en une demi-journée.
Busan a une tout autre énergie. Deuxième ville du pays et premier port de conteneurs, elle s'étire sur une bande étroite entre la mer et les collines. Haeundae et Gwangalli concentrent les plages urbaines et les tours résidentielles, Jagalchi le plus grand marché aux poissons de Corée (les ajummas y vendent encore le poisson cru découpé sur place), et Gamcheon, ancien quartier de réfugiés de la guerre de Corée reconverti en village d'artistes, ses ruelles en escalier peintes. À l'ouest de la ville, le temple Beomeosa, adossé au mont Geumjeongsan, offre un contrepoint plus calme à 30 minutes du centre. Le festival international du film de Busan, en octobre, anime la ville pendant dix jours.
La cuisine du Gyeongsang a ses signatures. Le milmyeon, nouilles de blé froides dans un bouillon glacé, est né à Busan dans l'après-guerre, quand le sarrasin du nord (pour le naengmyeon) manquait. Le dwaeji gukbap, soupe de riz au porc, se mange à toute heure dans les gukbap-jip autour de la gare. À Tongyeong, port de pêche à 1h30 à l'ouest de Busan, on goûte l'anguille grillée et les huîtres en hiver. Le climat est plus doux qu'au nord : Busan reste autour de 5 à 7°C en janvier, et l'été (juillet-août) est chaud et très humide, avec une saison de typhons en août-septembre.
À découvrir
Tumulus royaux de Gyeongju. Une vingtaine de tertres herbeux de 10 à 20 mètres de haut, dispersés dans le centre-ville de Gyeongju. Le tumulus Cheonmachong, ouvert au public, montre la chambre funéraire et la couronne d'or du Ve siècle.
Village clanique de Hahoe. Habité depuis le XIVe siècle par la famille Ryu, dans une boucle de la rivière Nakdong. On y assiste encore au spectacle de masques Byeolsingut, satire paysanne des nobles confucéens, joué en plein air le week-end.
Marché de Jagalchi à Busan. Au petit matin, les bateaux débarquent poulpes vivants, anguilles et poissons-globes. À l'étage, les restaurants préparent au choix ce qu'on vient d'acheter en bas, de la sériole crue au crabe vapeur.
Gamcheon, le village couleurs. Quartier construit à flanc de colline par les déplacés de la guerre de Corée dans les années 1950. Les maisons cubiques peintes de bleu, jaune, rose, s'étagent en gradins face au port. On le parcourt en 2 heures à pied.
Temple Bulguksa au printemps. Fondé en 528, reconstruit au VIIIe siècle. Les ponts de pierre Cheongun-gyo et Baegun-gyo et les pagodes Dabotap et Seokgatap sont d'origine. Mi-avril, les cerisiers en fleurs encadrent les pavillons.
Quand y aller
La meilleure période s'étend d'avril à juin et de septembre à début novembre. Avril apporte les cerisiers à Gyeongju et Jinhae (festival début avril), avec des températures de 10 à 18°C. Octobre offre un ciel sec et les érables rouges autour de Bulguksa et du mont Palgongsan, autour de 15 à 20°C. Ces deux fenêtres sont aussi celles que privilégient les voyageurs coréens : nous réservons les hanok de Gyeongju 2 à 3 mois à l'avance.
Juillet et août sont chauds (28 à 32°C) et très humides, avec la mousson (jangma) fin juin-mi juillet et un risque de typhons en août-septembre, surtout sur la côte de Busan et Tongyeong. L'hiver reste praticable : Busan tourne autour de 5 à 8°C en journée en janvier, contre -3°C à Séoul, et les plages sont désertes mais photogéniques. Andong, plus continentale, descend sous zéro en janvier-février, ce qui complique les visites de villages en extérieur.
Conseils pratiques
Nous recommandons 4 jours pleins pour cette région : 2 nuits à Gyeongju (centre historique + Bulguksa/Seokguram) et 2 nuits à Busan (Gamcheon, Jagalchi, Haeundae ou Beomeosa). Ajouter Andong et Hahoe demande 1 à 2 jours supplémentaires, en détour par le nord avant de rejoindre Gyeongju. Le point d'entrée logique est le KTX depuis Séoul (gare de Singyeongju pour Gyeongju, gare de Busan terminus). L'aéroport international de Gimhae à Busan permet aussi un vol direct depuis plusieurs villes asiatiques, utile si vous combinez avec Jeju (50 minutes de vol).
La combinaison la plus naturelle est Séoul et environs, puis descente Gyeongsang-Busan, puis vol vers Jeju depuis Gimhae. Les voyageurs qui ont 2 semaines peuvent intercaler Jeolla (Jeonju, Suncheon) entre Busan et le retour, en train ou en voiture le long de la côte sud. Le confort est élevé partout : hôtels 4 étoiles à Busan, hanok rénovés à Gyeongju, ryokan-style à Andong. La région convient bien aux voyageurs intéressés par l'histoire (Silla, confucianisme Joseon) et la gastronomie urbaine, un peu moins aux randonneurs qui préféreront Gangwon et le Seoraksan.




