Seokguram

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Sanctuaire bouddhiste troglodyte du VIIIᵉ siècle classé à l'UNESCO, le Seokguram abrite un Bouddha en granit blanc et 41 sculptures, sur les hauteurs de Gyeongju.

Le Seokguram est un sanctuaire bouddhiste troglodyte aménagé sur les flancs du mont Tohamsan, à l'est de Gyeongju, ancienne capitale du royaume de Silla. Sa chambre circulaire abrite une statue monumentale de Bouddha Sakyamuni en granit blanc, entourée de 41 sculptures en relief considérées comme un sommet de l'art bouddhique d'Asie de l'Est. Inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1995, le site se visite en complément du temple Bulguksa, situé en contrebas.

Pourquoi visiter le Seokguram

Le Seokguram réunit trois intérêts rarement associés. Sur le plan architectural, c'est l'un des très rares temples troglodytes coréens, conçu sur le modèle des sanctuaires rupestres indiens (Ellora, Ajanta) et chinois (Yungang, Longmen), mais entièrement construit en blocs de granit recouverts de terre. Sur le plan iconographique, l'ensemble sculpté – Bouddha central, bodhisattvas, devas, dix disciples, gardiens – constitue un programme bouddhique cohérent du VIIIᵉ siècle, exécuté dans un granit particulièrement dur. Sur le plan symbolique enfin, l'antichambre rectangulaire représente la terre et la chambre circulaire le ciel, selon une cosmologie bouddhique reprise dans toute l'Asie de l'Est.

Le site est également réputé pour le lever du soleil sur la mer du Japon, visible depuis le parvis : le Bouddha lui-même est orienté vers l'est.

Histoire du sanctuaire

La construction du Seokguram débute au VIIIᵉ siècle sous le règne du roi Gim Gyeongdeok, soit en 742, soit en 751 selon les sources. Le chantier s'achève en 774, après la mort du commanditaire. Selon la tradition, le moine bouddhiste Hyecho fut chargé de trouver un site adapté et identifia une grotte naturelle sur le mont Toham, près de la capitale Gyeongju.

Conçu à l'origine comme lieu de méditation, le sanctuaire devient rapidement un centre de pèlerinage majeur du royaume de Silla. Au XVᵉ siècle, pendant la dynastie Joseon qui promeut le confucianisme aux dépens du bouddhisme, le site est progressivement abandonné. Endommagé par l'humidité, les infiltrations et plusieurs tentatives de pillage, il fait l'objet d'une restauration majeure au début du XXᵉ siècle, puis de campagnes successives au cours du siècle.

Le Seokguram est classé Trésor national de Corée n°24 en 1962, puis inscrit, conjointement avec le temple Bulguksa, au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1995.

Que voir sur place

L'architecture de la grotte

Contrairement aux temples rupestres indiens taillés dans la roche, le Seokguram a été construit : les murs extérieurs sont assemblés en blocs de granit extraits du Tohamsan, puis recouverts d'une épaisse couche de terre formant un monticule. Cette silhouette évoque les tumulus funéraires coréens des premiers siècles de notre ère.

Le visiteur traverse successivement :

  • une galerie d'accès,
  • une antichambre rectangulaire symbolisant la terre,
  • un court vestibule encadré par deux colonnes octogonales,
  • la chambre principale circulaire, symbolisant le ciel.

La statue de Bouddha Sakyamuni

Au centre de la chambre circulaire trône une statue de Bouddha Sakyamuni en granit blanc de 3,45 m de haut, posée sur un piédestal de 1,6 m. Le Bouddha est assis en position de lotus et orienté plein est, une orientation interprétée comme une protection symbolique contre les pirates japonais, fréquents sur les côtes à l'époque.

Les mains adoptent les postures dhyana mudra et bhumisparsa mudra : main gauche posée sur la cuisse gauche, main droite sur le genou droit, doigts tendus vers le sol pour prendre la terre à témoin. Des traces de la peinture rouge d'origine restent visibles à la surface du granit.

Les 41 sculptures en relief

Les parois portent au total 41 figures sculptées en relief :

  • dans le vestibule, quatre gardiens encadrent le passage ;
  • dans l'antichambre, huit représentations de Parivara et deux de Vajrapani ;
  • dans la chambre principale, derrière la tête du Bouddha, un halo de lotus ; sur les parois, les bodhisattvas Manjusri, Samantabhadra et Ekadasamukha, les devas Brahma et Sakra-devendra, ainsi que les dix grands disciples du Bouddha ;
  • dix niches creusées en hauteur abritaient à l'origine d'autres sculptures, certaines ayant disparu.

Pour des raisons de conservation, la chambre principale n'est plus accessible : elle s'observe à travers une vitre installée dans le vestibule.

Informations pratiques

  • Durée de visite : comptez 30 à 45 minutes sur place, davantage si vous combinez avec Bulguksa.
  • Tarifs : entrée payante, à un tarif modéré, avec réductions pour adolescents et enfants. Les tarifs étant révisés régulièrement, vérifiez avant la visite.
  • Horaires : ouverture en journée, généralement du matin à la fin d'après-midi, avec une ouverture plus matinale les week-ends pour le lever du soleil.
  • Photographie : interdite à l'intérieur de la chambre principale.
  • Accès final : un sentier d'environ 10 minutes relie le parking au sanctuaire.

Quand y aller

Le Seokguram se visite toute l'année. Le printemps (avril-mai) et l'automne (octobre-novembre) offrent les conditions les plus agréables, avec un climat tempéré et, en automne, les couleurs des érables sur le Tohamsan. L'été est chaud et humide ; l'hiver peut être venteux en altitude, mais dégage souvent l'horizon vers la mer.

Les visiteurs matinaux viennent surtout pour le lever du soleil sur la mer du Japon, particulièrement spectaculaire depuis le parvis orienté à l'est. Pour en profiter, prévoyez un transport adapté car les bus publics ne circulent pas avant l'aube.

Comment s'y rendre

Le Seokguram se trouve à environ une vingtaine de kilomètres à l'est du centre de Gyeongju, sur les hauteurs du mont Tohamsan.

  • En bus : depuis la gare de Gyeongju ou le terminal des bus interurbains, prenez le bus 10 ou 11 jusqu'au temple Bulguksa, puis le bus 12 qui monte jusqu'au Seokguram.
  • En taxi : trajet direct depuis Gyeongju en 30 à 40 minutes, pratique pour le lever du soleil.
  • À pied : un sentier de randonnée relie Bulguksa au Seokguram en 1h à 1h30 de montée à travers la forêt du Tohamsan.

À proximité

La visite du Seokguram s'associe naturellement à celle du temple Bulguksa, situé sur le même flanc du Tohamsan et inscrit au même titre à l'UNESCO. À Gyeongju même, les tumulus royaux du parc Tumuli, l'observatoire Cheomseongdae et le musée national de Gyeongju complètent un parcours sur le royaume de Silla. Plus loin sur la côte, on rejoint des sites comme la plage Haeundae à Busan ou les villages traditionnels de Hahoe et Nagan.

Questions fréquentes

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Questions fréquentes

Non. Pour préserver les sculptures de l'humidité et de la pollution, la chambre principale est fermée au public. Elle s'observe à travers une vitre installée dans le vestibule, qui offre une vue dégagée sur le Bouddha et les reliefs.

C'est l'usage le plus courant : les deux sites sont reliés par le bus 12 et inscrits ensemble au patrimoine mondial. Comptez une demi-journée à une journée complète pour les deux.

Le site est traditionnellement réputé pour ce moment, le Bouddha étant orienté vers l'est. La vue dépend néanmoins de la météo et nécessite un transport privé, les bus publics ne circulant pas si tôt.

Les temples indiens d'Ellora ou d'Ajanta sont taillés directement dans la falaise. Le Seokguram, lui, est construit en blocs de granit assemblés puis recouverts de terre : c'est une grotte artificielle inspirée du modèle indien et chinois, mais adaptée à la tradition coréenne du tumulus.

Les photos de l'intérieur de la chambre principale sont interdites. Le sentier, le parvis et la vue sur la mer restent en revanche libres.

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